Le projet

Préparatifs

Préparer son voyage c’est déjà voyager dans sa tête et c’est un moment terriblement excitant !

Remontons dans le temps...

J’ai commencé à voyager très tôt, à l’âge de 3 ans avec mes parents nous avons habité à Casablanca, mon père était infirmier dans la marine pendant une quinzaine d’années et lorsque nous sommes rentrés en Bretagne j’ai des souvenirs de ses voyages dans le pacifique lorsqu’il faisait ses soirées diapositives avec son vieux projecteur.

Lors de mon adolescence nous sommes parti en famille faire le tour du sud de l’Irlande à vélo (et oui déjà !) Un mois sous la pluie, 70 km par jour à dormir sous la tente, j’en garde un souvenir mémorable.

A mon retour J’ai lu et relu le bouquin d’Alain Guigny « La Terre sur deux roues » (Flammarion) une bonne dizaine de fois, j’ai voyagé et j’en ai rêvé… en me disant un jour peut être !

J’ai effectué mon service militaire dans la marine nationale sur la Frégate La Motte Piquet, 6 mois de mer et de rares escales dans une période particulière (1991) et des endroits qui ne faisaient pas rêver à cette période. (Canal de Suez, Djibouti, Somalie, Golfe Arabo-persique, Emirats Arabes Unies, Qatar…).

Lors de mes années professionnelles parisiennes je prenais un vol à chaque fois qu’il était possible pour évacuer la pression du boulot et de la ville. (Cuba, République Dominicaine, Haïti, Guadeloupe, Croatie, Tunisie, Thaïlande, Cambodge, Laos…).

Puis à 40 ans j’ai quitté la métropole et la folie parisienne pour m’installer sur l’ile de la Réunion pour y travailler pendant 8 ans et voyager dans la zone (Madagascar, Seychelles, Maurice, Mayotte, Anjouan).


Rêvons nos vies, vivons nos rêves.

Depuis l’enfance nous sommes conditionnés et formatés pour faire des études, trouver un bon boulot, réussir et paraître socialement, fonder une famille, investir dans une belle maison, acheter une belle voiture de préférence plus grande et plus grosse que celle du voisin, rembourser ses emprunts, prendre un maximum de points dans l’organisme qui s’occupe de votre retraite… bref j’ai été éduqué dans ce sens comme la plupart d’entre nous…J’y ai participé activement et je ne regrette rien bien au contraire.

Puis les années passant il y a toujours un vieux rêve bien enfoui qui resurgit régulièrement…et puis un matin une fenêtre s’ouvre… les aléas de la vie font que vous avez un peu plus de temps que d’habitude, ou plutôt vous décidez de prendre du temps pour ralentir la machine infernale et vous vous posez certaines questions, les bonnes questions ? Et si j’y allais MAINTENANT.


Se fixer une date et établir un calendrier.

Une fois le choix délibéré de partir reste à fixer une date de départ objective car avant le départ c’est le parcours du combattant (sympathique tout de même ce parcours).

Il faut se renseigner et acheter l’équipement nécessaire, établir son parcours, se renseigner sur l’obtention des visas, faire ses vaccins, faire un check up médical, consulter son banquier, son assureur, refaire ses papiers le cas échéant, vendre un véhicule, résilier l’intégralité de ses abonnements (le bonheur), archiver numériquement toute votre paperasse...


Prévenir sa famille et ses proches de son projet :

Je vais vous retranscrire une partie de la conversation Skype avec mes parents un an avant le départ et ça reflète assez bien ce sujet (rires).

Moi : (Je clique sur le bouton d’appel de Skype et le « TuTuTu » bien reconnaissable retenti. La fenêtre s’ouvre et je vois la tête de ma mère apparaître à 9 000 km).
« Bonjour M’man va chercher papa Stp j’ai un truc important à vous dire »
(Mon père arrive dans la fenêtre du coin de l’écran)
Ma mère : « Nous t’écoutons »
Moi : (hésitant) « Ben voilà je pars faire un tour du monde… »
Mes parents : (en cœurs interrogatifs) « Un tour du monde ? ? ? »
Moi : « Oui vous avez bien entendu, un tour du monde… mais je ne vous ai pas tout dis… »
Mes parents : (interrogatifs) et (hésitants) « euh, (un blanc) nous t’écoutons »
Moi : « Je pars faire un tour du monde à vélo »
Mes parents : (en cœurs) « A vélo ? ? ? Tu es sur ? ? ? »
Moi : « Oui à vélo et pendant 5 ans »
Mes parents : (en cœurs) « 5 ans sur un vélo ? ? ? Mais tu es fou ? ? ? »
Moi : « Non, non ça va (rire) et je pars seul »
Mes parents : (quelque peu désabusés) « 5 ans, seul sur un vélo autour du monde. (Retrouvant leurs esprit) et tu souhaites partir quand ? »
Moi : « le 1er avril 2017 »
Mes parents : « ah ah ah la bonne blague ? »
Moi : « Non, non je ne plaisante pas »
Mes parents : « Et tu veux aller ou et passer par quels pays ? »
Moi : « et bien pour commencer Je souhaite monter au Cap Nord en Norvège pour ma première étape »
Mes parents : (en cœurs) « Au Cap Nord ? ? ? Mais tu vas avoir froid ? » …etc…etc…etc…

Suive 30 mn à expliquer le pourquoi, le comment de ce projet. A les rassurer sur l’itinéraire, le matériel, mon organisation, les vaccins, les assurances…
6 mois ont passé depuis cette première discussion… passé l’effet de surprise, l’appréhension s’est dissipée et au fil des semaines ils sont devenus fans.


Définir un itinéraire.

Comme beaucoup j’ai rêvé d’aller en Laponie, de suivre le cours du Danube, de grimper au camp de base de l’Everest, de fouler la grande muraille de Chine, de traverser le bush Australien, de faire trempette dans le Pacifique, d’escalader des sommets en Nouvelle Zélande, de descendre des cours d’eau en pirogue à Madagascar, de faire du vélo avec les coursiers New Yorkais, de relier l’Atlantique au Pacifique via le grand sentier Canadien, de prendre des photos sur le salar d’Uyuni en Bolivie, d’atteindre Ushuaia, de danser sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro en sirotant une caipirinha…
Oui j’ai envie, très envie de faire tout ça et beaucoup plus encore. J’ai la chance de me donner 5 ans et si ca doit être 6 ce sera 6 … !
Avoir du temps et prendre son temps sera mon leitmotiv pendant ce voyage. Je ne m’interdit rien dés l’instant ou je pourrai physiquement y accéder et que l’envie sera présente.
Je serai confronté aux formalités administratives c’est une certitude, à la météo toujours, au baisse de moral parfois, à la maladie très certainement… bref c’est l’essence même du voyage.
Pour avoir consulté de nombreuses fois les forums des voyageurs à vélo une chose est sur… le programme de départ est rarement identique à celui prévu à l’arrivée et c’est une idée qui me va comme un gant.
Donc pour faire simple j’ai placé des points sur les 5 continents que je souhaitais visiter et je les ai reliés tout simplement.


Définir un budget.

Avant de définir un budget prévisionnel il faut impérativement se poser les questions suivantes. Où ? A quelle période ? Comment ? Combien de temps ?
Voyager en Amérique du Sud ou en Asie du Sud Est à un coût nettement inférieur sur les dépenses de transport quoique sur un vélo la question ne se pose pas, de logement ou de nourriture que sur l’Amérique du Nord ou l’Europe du Nord.
Les forums pullulent de Tourdumondistes qui voyagent avec 10€ par jour et par personne donc c’est tout à fait possible pour les petits budgets.
J’ai décidé de partir à vélo non pas pour un problème de coût de transport mais par passion pour le voyage à vélo. Je bivouaquerai donc au grès des spots, des rencontres et des conditions météo mais je ne m’interdirai certainement pas un hôtel étoilé lorsque l’envie se fera sentir et une bonne table pour exciter mes papilles.

Le budget du voyage est forcément calculé sur la somme que l’on veut bien y consacrer et surtout de ses moyens à savoir la couleur de sa carte bleu.
Personnellement j’ai simplement budgétisé les frais avant le premier coup de pédale à savoir l’acquisition du matériel et les frais de vaccinations financé avec la vente des biens dont je n’ai plus l’utilité. Ensuite de manière récurrente j’ai budgétisé les frais fixes (impôts sur les revenus et taxe foncière de mon bien immobilier en location) et le coût de l’assurance mensuel. Je vivrai donc de mon revenu foncier et de mes économies.

Trouver des sponsors financiers pour financer son tour du monde ? Oui pourquoi pas, mais attention votre projet doit tenir sérieusement la route car la concurrence est forte… avoir un dossier bien ficelé, et surtout avoir un bon carnet d’adresses et du temps pour gérer ce financement. Je ne vous cache pas que beaucoup de personnes y ont renoncé assez rapidement, il suffit de consulter les forums pour s’en apercevoir.

Personnellement j’ai couru pendant toute ma carrière professionnelle derrière des bons de commande, des opérations commerciales, des contrats de partenariat, des contrats cadres… STOP J’ai la possibilité d’y aller seul, j’y vais sans rien demander à personnes et je pense très sincèrement que si je dois « lever des fonds » à un moment donné de mon voyage, je reste persuadé stratégiquement qu’il sera nettement plus facile de monter un dossier bien ficelé à mi-parcours car les partenaires auront déjà une bonne visibilité de ce que vous avez déjà fait et de ce qui vous reste à faire.


Petit florilège de questions récurrentes que l’on vous pose toute la journée. Que voulez vous les gens ont besoin de se rassurer…

Tu pars seul ?
La solitude ne m’a jamais pesé et j’ai beau être très indépendant de nature j’adore rencontrer de nouvelles personnes, échanger, découvrir de nouvelles cultures.
Etes vous déjà parti en voyage seul, en couple ou en groupe ? J’ai testé à maintes reprises les 3 schémas et je peux vous garantir qu’il n’y a pas photo sur la statistique à rencontrer des gens… et seul je ne vais pas le rester longtemps surtout avec mon barda qui ne passera pas inaperçu…

Tu n’as pas peur ?
J’ai bourlingué un peu par le passé dans des endroits pas toujours recommandable et fréquentable et bien sachez que je ne me suis fait agresser qu’une seule fois et c’était dans la commune ou je réside à 7h du matin devant un distributeur.
La violence, l’agression, le vol sont présent malheureusement partout sur la planète, et penser que nous sommes en sécurité chez soi est un leurre. Regardez les derniers attentats Parisiens, j’y ai perdu un ancien collègue de travail qui assistait tranquillement avec des amis à un concert au Bataclan avant que le drame n’arrive.
Ne pas être au mauvais moment au mauvais endroit…
Nous sommes bien évidemment d’accord sur le fait qu’il ne faut pas tenter le diable et prendre les précautions nécessaires. Je suis aventurier pas téméraire.
Pour clore ce sujet je citerai Paulo Coelho « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine… Elle est mortelle. »

Tu as gagné au loto pour partir 5 ans ?
Non je travaille depuis 30 ans, j’ai géré et investi mes gains intelligemment sans me priver et maintenant c’est open bar, car je m’en tape d’avoir une voiture neuve pour ma retraite et un cercueil en bois massif pour mes funérailles.
Toi tu as besoin de gagner à la loterie pour partir ?

Tu en as de la chance de pouvoir le faire.
La chance ça se provoque, encore faut il le vouloir.
Dans ma position tu le ferai ? Réponse quasi unanime : « Je n’en sais rien »

Tu fuis ?
Et bien si c’est une fuite, je la trouve plutôt sympathique comme tout cette fuite.
Je t’enverrai des cartes postales, tu consulteras ma page Web et mon Instagram et on en reparle ? D’accord ?

Lorsque tu vas revenir tu vas faire quoi ?
Laisse moi déjà vivre cette aventure Stp et je pense que je vais avoir largement le temps de répondre à cette question par la suite. (Rires)
Tu sais ce que tu vas faire toi dans 5 ans ?

Tu parles Anglais comme une vache Espagnole, tu vas faire comment ?
Ah, Ah, Ah… et bien je vais (réa) apprendre, je vais refouiller dans mes neurones de lycéen et me débrouiller…
Tu parles Chinois toi ?

Mais pour dormir tu vas faire comment ?
Et bien comme toi, je vais fermer les yeux.

Tu as installé un moteur électrique sur ton vélo ?
Ah, Ah, Ah la bonne blague, je fais du vélo par plaisir et non par obligation et si je devais installer un moteur sur un vélo je serai parti en Vespa.

Tronçon_logo_un vélo autour du monde



Où suis-je ?

Où suis-je ?


Quelques statistiques

Sur la route depuis : 260 Jours

Mise à jour le : 14 / 12 / 2017

Jours de vélo : 173 Jours

Pays traversés : 22 Pays

Kms parcourus à vélo : 11 803 Kms

Dénivelé positif : 79 688 D+


Suivez-moi sur Facebook


Mon tout dernier cliché


Ce que j’écoute en ce moment


Newsletter